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Arnaud Lanthony

Indépendants ·

Régie, forfait, statut : ce que j'ai appris en vendant mon temps

Depuis 1995, je vends mon temps. Contre un salaire d'abord, puis à la journée. Ce mois-ci, mes articles sur easyindep et Jadellys parlaient tous de ça, sans le dire. Voici le fil qui les relie.

Illustration : un consultant derrière un étal de marché tend un sablier en laiton. Sur son étal, une rangée de sabliers. À côté, un second étal en cours d'installation ne porte qu'un paquet cadeau à ruban doré, qu'il regarde du coin de l'œil.

En octobre, j'ai écrit sur la régie et le forfait, sur les statuts, sur les retards de paiement. Une partie sur easyindep, l'autre sur Jadellys.

En relisant le tout, j'ai vu le fil commun. Ces articles parlent de la même chose : la façon dont on vend son temps.

Je le vends depuis 1995. Ce que j'en retiens tient en six étapes.

Le temps des autres, vu du contrôle de gestion

J'ai commencé comme comptable, puis je suis devenu contrôleur de gestion.

Un contrôleur de gestion calcule le coût de tout. Celui d'un produit, d'un chantier, d'une heure de travail.

J'ai passé des années à valoriser le temps des autres, sans jamais me poser la question pour le mien.

Un salarié ne vend pas son temps à l'heure. Il le vend en bloc, à l'année, et c'est l'employeur qui porte le risque.

Le salaire contient une assurance. On ne la voit vraiment que le jour où on ne l'a plus.

La régie : vendre des jours

Je suis ensuite passé key user SAP, puis consultant sur les modules financiers. Je me suis mis à mon compte en 2012 et 2013, puis en 2017 et 2018, et de nouveau depuis 2023.

En régie, on vend des jours. Un taux journalier, un compte rendu d'activité en fin de mois, une facture qui suit.

Ce modèle a une qualité rare : il est honnête. Le temps passé est le temps facturé. Une estimation ratée ne coûte rien.

Il a aussi une limite simple. Une journée non travaillée est une journée perdue.

Les congés, la formation, la recherche de la mission suivante : rien de tout cela ne se facture.

La régie a aussi sa géométrie propre. On travaille chez le client final, mais on facture souvent un intermédiaire.

Le compte rendu passe par les deux. Il faut donc deux validations avant qu'une facture parte.

Je n'ai jamais vendu de mission au forfait. Toute ma carrière d'indépendant s'est faite en régie, et c'est encore le cas aujourd'hui.

Les différences entre les deux modèles sont détaillées sur easyindep, dans Régie vs forfait : ce que ça change vraiment. On s'y tutoie, c'est le ton de la marque.

Le compte rendu d'activité mène à la facture, et la facture change. À partir du 1er septembre 2027, les TPE et PME devront l'émettre au format électronique.

Le guide de la facture électronique fait le point sur ce calendrier.

Le statut, l'emballage du temps

Vendre son temps oblige à choisir une structure pour le porter. Micro-entreprise, entreprise individuelle, EURL ou SASU.

On présente souvent ce choix comme une affaire d'impôts. C'est d'abord une affaire de protection sociale.

Les cotisations rachètent une partie de l'assurance que le salaire offrait. Plus ou moins, selon le statut.

Certains repères sont précis. En prestation de services, la micro-entreprise s'arrête à 83 600 € de chiffre d'affaires par an, sur 2026-2028.

D'autres ont changé sans que tout le monde le sache. Depuis 2022, le patrimoine personnel d'un entrepreneur individuel est protégé par défaut.

Créer une société n'est donc plus le seul moyen de protéger sa maison.

J'exerce en SASU, avec Jadellys.

L'article Micro, EI, EURL, SASU explique ce qui fait passer d'un statut à l'autre.

Il ne dit pas lequel choisir, et c'est voulu. La réponse dépend de votre situation, et c'est votre expert-comptable qui la connaît.

La mission suivante se prépare pendant celle-ci

En régie, la fin de mission est une date écrite dans un contrat. On la connaît souvent des mois à l'avance.

Pourtant, je me suis souvent mis à chercher tard. Pas par erreur : la mission prenait tout mon temps, et l'anticipation passait après.

Or ce temps de recherche ne se facture pas. Chaque semaine sans mission fait baisser le revenu réel de l'année.

Vingt jours d'intercontrat, c'est presque un mois de chiffre d'affaires en moins. Le taux journalier affiché ne bouge pas, ce qu'on gagne vraiment si.

La parade tient en une habitude : suivre ses contacts pendant la mission, pas après.

Le pipeline commercial d'un indépendant qui n'a pas de commercial propose une méthode en quatre étapes, sans logiciel coûteux.

Vendre son temps, c'est aussi attendre d'être payé

Le compte rendu est signé, la facture est partie. Il reste à être payé.

En régie, on facture souvent un intermédiaire, une ESN ou une plateforme. Le paiement arrive à 30 ou 45 jours, parfois plus.

Pendant ce délai, c'est l'indépendant qui fait crédit à son client. Il a déjà donné son temps, il attend son argent.

Les PME vivent la même chose face à leurs grands clients.

Selon la Banque de France, les retards de paiement privent les TPE et PME de 13 milliards d'euros de trésorerie.

Les entreprises de plus de 1 000 salariés paient en moyenne avec une vingtaine de jours de retard.

Un indépendant face à son ESN, une PME face à un grand compte : dans les deux cas, le plus petit fait crédit au plus gros.

Sur Jadellys, Retards de paiement : ce que vos clients vous empruntent montre comment chiffrer ce crédit et relancer sans braquer.

Le calcul vaut aussi pour un indépendant. Il suffit de remplacer les dix plus gros clients par l'ESN.

Les règles aussi sont les mêmes. La loi plafonne les délais à 60 jours après la date de facture.

Chaque facture payée en retard ouvre droit à une indemnité forfaitaire de 40 €, en plus des pénalités.

Peu d'indépendants la réclament à leur ESN. Elle a pourtant le mérite d'ouvrir la discussion sur les délais.

La facture électronique aidera un peu. On saura enfin si une facture a été reçue, refusée ou payée, sans attendre la relance.

Ce qu'on ne peut plus faire seul

Quand on vend son temps, on finit par tout faire soi-même. La mission le jour, la gestion le soir.

Une PME qui grandit tombe dans le même piège, à une autre échelle. Le dirigeant signe chaque dépense et devient le goulot de sa propre entreprise.

Déléguer les dépenses sans perdre le contrôle propose trois seuils d'autorisation et un point mensuel pour en sortir.

Pour un indépendant, déléguer prend une autre forme. Un expert-comptable, et des outils qui font le compte rendu, la facture et la relance.

easyindep est né de là, de mon quotidien de consultant en régie. Je voulais rendre mes soirées à autre chose qu'à l'administratif.

Du temps au résultat

Depuis 1995, j'ai toujours vendu du temps. Avec Jadellys, j'apprends l'autre façon de faire.

Un dirigeant de PME n'achète pas des jours. Il achète un résultat : voir clair sur sa trésorerie, arrêter de tout signer, être payé à l'heure.

En régie, la question du client est simple : combien de jours, et à quel taux ?

Un dirigeant de PME en pose une autre. Qu'est-ce qui aura changé dans trois mois ?

Le forfait, je l'aborde donc par ce côté-là, avec Jadellys, et non dans un contrat de régie.

Vendre un résultat oblige à estimer, à cadrer, et à porter le risque que la régie m'épargnait. Ce n'est pas une variante de la régie. C'est une autre façon de penser le travail.

De la régie, je garde une discipline. Savoir ce que coûte une journée, la facturer, et se la faire payer.

C'est aussi ce que je propose aux deux publics avec qui je travaille.

Vous êtes indépendant ? Découvrez easyindep. Vous dirigez une PME ? Découvrez Jadellys.

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